mercredi 7 septembre 2011
une liste [amère et non-exhaustive]
Le mec à chapeaux.
Les lécheurs de couteaux.
La vieille du facebook.
Le mec qui avale vite (et beaucoup).
Le fumeur invétéré.
Le faux tête-de-bite (en attendant le vrai).
Les connards de service.
Le beau gosse.
La fille à genoux.
Les gens du métro.
Le liseur de journaux.
Le mec à forte poitrine (avec son pote).
Le monsieur et son harem.
La boulangère typique.
jeudi 3 mars 2011
la gaîté lyrique
vendredi 10 septembre 2010
les plaques fondantes
A peine six heures du matin et il se trouve dehors, assis devant l'esplanade, attendant le lever du soleil et d'autres choses moins belles.
Avec lui, plus d'une centaine de personnes. Assises, débout, des jeunes, des vieux, des femmes avec leurs enfants,... tout un certain type de gens qui, sans être vraiment ensemble, était réuni pour attendre des promesses.
Atteindre des promesses.
Quelques minutes auparavant, quand il est arrivé, ils étaient une bonne dizaine à courir pour rejoindre les autres à l'esplanade.
Il ne faut pas rater cela. Pas une fois de plus.
En faisant la queue, il pouvait juste imaginer sans certitude où en était le commencement.
Dans sa tête, la voix de Janis Joplin faisait l'éloge de l'été, pendant que le ciel gagnait un peu plus de lumière, presque imperceptible.
Les gens faisaient des aller-retours tendus et habillés parfois de regards méfiants envers les autres.
De temps en temps, un bébé pleurnichait, avant de se rendormir dans les bras de sa mère, qui dormait, elle aussi.
Il est presque sept heures. Le jour se lève. Finalement.
La police arrive et fait un tour.
Ils sont maintenant plus de quatre cents dans l'esplanade et ce n'est pas fini. Une certaine agitation couve et parfois remonte à la surface.
Pendant tout ce temps-là... et tout au long de la journée... quoi qu'il arrive... les caméras de surveillance... surveillent.
mercredi 10 février 2010
les naufragés du fol espoir
samedi 15 août 2009
le lys brisé [broken blossoms]
Mais, pendant l'été, la chaleur donnait la sensation que l'on allait se fondre à l'asphalte de la rue.
Et disparaître...
Pour arriver du centre-ville jusqu'à chez moi il fallait marcher une demie-heure et monter plusieurs rues d'une butte, en haut de laquelle se trouvait la maison.
Peut-être que j'en voulais à ma mère pour insister, été après été, à me faire apprendre à jouer de la guitare quand moi, je voulais jouer du piano... ou peut-être que je lui en voulais seulement parce qu'elle ne savait pas conduire à l'époque et que je devais rentrer à pied, sous le soleil, en portant la guitare.
...
Il se peut qu'un jour d'été quelqu'un ait jeté un caillou sur quelqu'un d'autre. Ou ait crié "arrête-toi, sale pédé".
Il se peut que quelqu'un ait répondu "je ne suis pas un pédé... je suis une fille". Ou, sans penser, ait simplement profité d'un instant vide pour se servir pour la dernière fois de sa guitare.
Un dimanche soir quand, il y a une bonne quinzaine d'années, j'ai vu le premier épisode de Twin Peaks à la télé, j'y ai tout de suite reconnu ma ville natale.
Ma ville natale, où il neige, il fait chaud, et où les pires choses disparaissent sans laisser de traces... fondues à l'asphalte ou sous les flocons de neige blanche.
"Tu te souviens?
Mon corps se souvient."
lundi 20 juillet 2009
lundi 29 juin 2009
je suis un autre [l'auto-portrait inconnu]
dimanche 3 mai 2009
mãos mágicas
Et puisqu'il faut toujours commencer par quelque chose - et puisque, de toute façon, tout ça a sûrement un rapport -, je me lance avec trois échantillons:
- pendant toute mon enfance, j'ai voulu fabriquer un bonhomme articulé en bois qui, une fois prêt, s'animerait tel Pinocchio. Le projet était compliqué et n'a jamais été réalisé.
- pendant mon enfance, je démontais tous mes jouets industriels avec la certitude de savoir remettre toutes les pièces en place même si, systématiquement, à chaque fois que je les démontais, de petits ressorts sautaient et se perdaient à jamais.
- pendant mon enfance, j'ai été hanté par le désir de construire un robot géant. Une espèce de gros ordinateur des années 80 fabriqué avec une grande boîte en carton (comme celle d'un frigo très grand). Je ne sais toujours pas à quoi il servirait, mais son principal atout serait celui de cligner des yeux. Je dirais même que celle-là était sa principale fonction, puisque c'était la seule partie du mécanisme que j'arrivais à imaginer. Je savais exactement comment réaliser cet engrenage, j'avais tout le matériel nécessaire, j'avais le désir de le voir ouvrir et fermer les yeux par un simple mouvement de levier mais, malgré tout, je ne l'ai jamais fait pour de vrai.
La taille et la forme de ce robot étaient sûrement inspirées du design des séries-télé que je regardais tous les jours en arrivant de l'école, dans la chambre de mes parents, avant ou après le déjeuner, avec la lumière forte du soleil sur la couverture très accueillante de leur lit : Spectreman et Ultraman. Aussi par une émission que je regardais sur la chaîne éducative: "les mains magiques". Aussi par mon père qui, lui, était très doué pour les travaux manuels. Aussi par un livre que ma mère m'avait donné avec des idées pour se faire des jouets à partir du recyclage de boîtes à oeufs et tout type d'emballage en carton.
Des bribes d'histoires de l'époque où commençait cette envie d'être créateur. Ou créatif.
Qui font peut-être du sens, mais peut-être pas.
A suivre...
jeudi 6 novembre 2008
la leçon de géographie [ou: la richesse des distances]
Au "Kindergarten":
Dans la grande maison de poupées, avec les filles. Tous les après-midi j'étais E. dans toute la puissance magique de sa poussière de pir-lim-pim-pim.
Ou, tenant la main de G., sous l'arbre.
Ou mettant dans la Kombi, la boîte en carton géante que j'avais transformée en appareil télé pour dérouler l'histoire d'un mouton.
...
Autre jour, minuit passée et moi perdu.
Il n'y avait personne et tout était fermé aux halles.
Je n'ai pas reconnu la station que je peux pourtant traverser les yeux fermés pendant la journée.
A l'école, ma première mauvaise note a été en géographie.
Effectivement, je ne comprends pas très bien la géographie. Le monde. Les frontières. Les distances.
...
Et maintenant, pour les souvenirs les plus proches...
des frissons.
vendredi 8 août 2008
un train peut en cacher un autre
P.A.
J'ai eu presque une illumination, il y a quelques jours.
Il y a quelques jours, j'ai presque découvert ce que je dois apprendre.
Je dois apprendre... à apprendre... à aimer.
Presque.
...
Et aussi, il y a quelques jours je me suis rendu compte que parfois je vis plusieurs vies en même temps, dans des mondes parallèles. Et que de plus en plus je prends mes rêves pour la réalité.
Parfois.
Et que y croire n'est pas toujours une mauvaise idée.
Et que quand je dis que je ne peux pas tenir longtemps, je veux dire que si je tombais par terre je préférerais y rester que de me relever et continuer mon chemin.
Et je dirais aux gens "Laissez moi, je veux rester là, ne vous inquiétez pas, laissez moi".
...
Et il y a quelques jours la journée était commencée avec:
"J'ai quelque chose à te dire... je t'aime, excuse moi."
Dans les mondes parallèles.




